Les séducteurs de la rue

Les séducteurs de la rue
Il y a des pratiques qui n'existent pas dans les sociétés occidentales, mais celles-ci sont ancrées dans les sociétés orientales et deviennent courantes. Il suffit de circuler dans les rues du Maghreb pour constater qu'être une femme, n'est pas chose facile, surtout quand on s'habille de manière à susciter l'admiration chez les séducteurs adossés à leur mur, et jetant un regard intense, à chaque passante. Ces mêmes femmes peuvent susciter aussi le mépris des défenseurs de je ne sais quelle morale. Elles sont traitées de tous les vocabulaires les plus virulents. On constate que ces mêmes lauréats de la morale, n'hésitent pas préférer les belles femmes aux femmes les plus pudiques soient-elles !

Les pratiques évoquées ci-dessus n'existent que dans les sociétés traditionnelles, car faute de trouver des endroits propices à l'échange mutuel, et aussi faute de pouvoir d'achat, pour se rendre au restaurant ou à la discothèque, nos citoyens Marocains, pratiquent la « drague » à l'ancienne selon leurs propres termes. Dans les sociétés dites « modernes » séduire une femme de manière spontanée, relève de l'anormal et parfois contre nature. Alors on attend le week-end, après une semaine de travail laborieuse, pour se rendre à la discothèque. C'est la Bourse de la séduction, ou le défilé des plus belles femmes font leur apparition, après avoir esquissé les plus beaux habits. C'est ce qu'on appelle « organisation ». Il faut attendre ce moment idéal, pour attirer la plus prisée, évaluée au nombre d'hommes essayant de la rapprocher. On ne s'intéresse qu'aux femmes qui ont fait l'objet d'invitation.

Nos jeunes Français attendent malgré l'ambiance exaltante qui y règne, pour se lancer à l'assaut des femmes marchant à pas de mannequins. Même les plus saints des timides n'hésiteront pas à entrer dans la dance. Mais le Marocain, même parlant aussi bien le français que n'importe quel Français de souche, emploie des moyens pour le moins innovants. Il parle à chaque clubber qu'il juge « sexy » pour passer une soirée « sympa », il applique la logique de la séduction ruelle, à la discothèque. Alors à chaque passante, il glisse des mots doux et agréables à entendre à l'oreille. A chaque femme, il change de formules et de phrases, selon l'intuition. Conséquemment, les réactions vont du simple sourire à l'empathie, qui se manifeste par un échange de numéros de téléphone. Seulement, quand on acquiert un certain plébiscite, on veut entrer dans le saint des saints de la beauté extrême.

En revanche, dans la rue marocaine, les choses se déroulent autrement. Les femmes sont convaincues de se faire siffler, ou de les obliger de changer de trottoir, ou pire, de les mettre devant le fait accompli. Certaines femmes se laissent bercer dans ce jeu de séduction, qui tourne parfois à l'unisson. Les femmes reconnaissent que les paroles proférés à leur encontre sont très flatteuses, qui donne envie, somme toute, de répondre, non à cause de la beauté des hommes, mais à cause de la commisération dont ces hommes ont fait preuve. Les hommes, qui se sentent médusés, n'ont comme arme que leur langue pour attirer, ce qu'ils considèrent comme une « hbiba ». Ces constats restent inhérents à des personnes dont les conditions de vie sont plus ou moins semblables, car l'élitisme Marocain ne peut se confondre avec la dure réalité de la vie.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 09:12

Modifié le samedi 03 janvier 2009 06:49

La marchandise à tout faire

La marchandise à tout faire

L'annulation d'un mariage par un juge civil, pour cause de non virginité, ou de surcroit, comme le titraient certains journaux, pour absence d'hymen, relance une fois de plus, le débat houleux, sur l'intégration de la religion de Mahomet dans les sociétés occidentales. Même si le juge du tribunal de grande instance, a retenu le motif, que l'épouse a menti sur une qualité essentielle, sans quoi, le conjoint n'aurait pas contracté. Cela n'a pas empêché, l'opinion tant politique que publique de se manifester, et de condamner cette décision. Est-ce à considérer que la femme est une marchandise ? Si elle lui manque cette petite membrane, le mari peut valablement demander l'annulation du mariage.

C'est bien un retour à l'arrière que l'on est entrain de faire. L'épouse pouvait aussi évoquer l'âge de son mari, s'il a déjà eu un rhume ? Pourquoi a-t-elle accepté un homme plus âgé qu'elle ? Tout devient prétexte pour faire relayer ses idées au nom de la religion. Mais l'homme en question, a surement fait connaissance, et même resté longtemps avec sa douce moitié. Il l'a surement embrassé et enfreint sa religion. Voila le paradoxe que frappent ces musulmans, qui souhaitent la modernité et la chasteté. On accepte ardemment une femme moderne, mais chaste ! On fait en sorte que c'est valable de se promener dans les rues, et de faire des déclarations pour le moins baudelairiennes. En somme, on vous demande, vous femmes, d'être à la fois européennes, nanties, mères au foyer, proches de Dieu, et surtout belles. On accepte sciemment que vous ayez eu des amours dans le passé, mais il ne faut pas l'évoquer, faute de compromettre votre salaire. C'est bien une illusion contemporaine qui est à l'œuvre, celle d'être performante sur tous les fronts. Les femmes doivent, de plus en plus, faire preuve de compétences en matière de séduction, d'attirance, de l'art de la rhétorique, mais en même temps religieuses. Autrement dit, il faut combiner l'art de la pudeur et de la séduction.

Comment est ce possible ? Les hommes veulent présenter une femme avec un double visage. Dans l'intimité, il faut se donner à toutes les tentations, à tous les plaisirs, faute de quoi, c'est l'humiliation assurée et parfois pouvant aller jusqu'à la rupture. A cet instant, on ne fait plus référence à la religion, car le plaisir instantané prime sur des considérations religieuses. Par contre, les choses sont entièrement différentes, à l'extérieur, en rapport avec l'entourage et les proches. Il ne s'agit plus, pour la femme, de séduire, de se montrer audace ou même de s'exprimer, car il faut présenter une « marchandise » exempte de tout vice, et assurant un respect profond pour son « détenteur ». Voila, ce qui a conduit l'homme du 3ème millénaire à demander l'annulation pour vice de forme.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 09:38

Just e-married

Just e-married


IL existe un adage commun chez les Berbères, qui dit que « le musicien de la tribu n'attire pas les foules » Ceci est vrai dans une société, où la distance créé un environnement euphorique, et où la passion se mêle à l'illusion, d'autant que la notion de substance physique n'y apparait plus. Du moins, de manière factice. On est davantage attiré par des images, qu'on a créé nous même. Une personne rencontrant une autre, se fait une idée très rapide, de son éventuel partenaire, mais l'attirance n'a rien de particulier dans ce cas d'espèce, car la personne s'est rapidement dévoilée.

Alors la toile créé une ambiance latente et dérisoire, elle attire la cohue, car elle fascine, fait croire à la rencontre d'une personne hors pair, qui derrière son écran se dévoile sous un nouveau jour, sous une nouvelle aire, qui conduit le courtier en mariage, à se faire des idées supra-humaines de ce qu'il va considérer comme sa dure moitié. Ce n'est pas la personne qui nous fascine, mais l'idée qu'on se fait d'elle. En ce sens, on a déjà dressé un tableau de cette e-personne, qui quand elle nous confirme de ce qu'on espère d'elle, ne fait que confirmer la règle. Et pour qu'une personne puisse s'agonir, elle a besoin d'être lâché par son tee-shirt. En d'autres termes, le web est une armée, dont les soldats, vous tiennent ; soit en émoi, soit en désespoir, par la chemise.

La toile créée une sorte de groupe homogène, dont la qualité est parfois surréaliste, voire, relève parfois du fantasme. C'est comme le religieux qui est fasciné par des personnages, ou des histoires, qu'il n'a jamais vus, croie en leur légitimité, ne remet jamais en cause leur suprématie. Alors les défauts se dissipent au profit des qualités surreprésentées. Similairement, l'internaute croie davantage, en une fiction qu'en une réalité, devenue futile. Il créé une hiérarchie virtuelle, et comme toute hiérarchie, l'on ne peut la remettre en cause, si non au prix d'isolement rebutant. Il est à la fois l'acteur et le spectateur de ces rencontres, devenues en quelques décennies, très en vogue. Il participe néanmoins à la consolidation de cette pyramide gigantesque, que l'on appelle Internet. Et comme il se compare à sa dure moitié, il est toujours en position de défaite, pourquoi ? Tout simplement, sa supposée femme, délivre souvent, et de manière admirative, des messages enivrants, et exempts de tout soupçon. Le personnage compare la réalité et la fiction. Donc, la fiction l'emporte d'une majorité écrasante, sur la réalité. On ne peut comparer la réalité et la fiction, comme le prouve toutes les sciences du monde, que l'on ne peut additionner des carottes avec des x. Il suffit de recenser les milliers de pages et les milliers de sites ajoutés chaque jour, pour y voir plus clair. Sur le terrain, c'est toujours la première impression, qui nous aide à trouver un compromis, voire une solution sur le champ. Ceci est valable pour chacun du couple. On ne prête trop attention aux autres qualités, compte tenu de l'effervescence de l'image dans une société, de plus en plus en quête, de l'état parfait. Mais, sur le net, c'est une autre affaire, car on vous vend des qualités supposées réelles. Ajouté à cela, la musique et le style de rédaction de la personne derrière sa vitrine virtuelle vous font passer de l'autre côté de la rive.

Cela a pour conséquence, la croyance d'une personne que vous êtes prêt à admettre, la connaitre seulement vous ! C'est uniquement sur le style et la forme, que se joue la compétition. La forme, contrairement au fond, est facile à établir. Si on élisait un candidat à la présidentielle, uniquement sur sa tenue vestimentaire, les 60 millions de français seraient potentiellement présidents. Combien de personnes utilisent des moyens, pour le moins inattendus, pour attirer, faire jubiler et susciter l'admiration. Ces moyens vont du simple pseudonyme jusqu'à la délivrance d'une information sur les diplômes. On donne souvent des noms alléchants à consonance moderne, et qui déclenche un son agréable à entendre par l'oreille. Au moins, l'internaute a acquis une première qualité, comme si le nom déterminait la beauté, alors on reste attelé à une image de belle femme mince, brune et bourrée de diplômes. Tout cela est acquis grâce à un joli prénom! Surtout, quand on a entendu des prénoms similaires concernant des femmes, dont les qualités attisent le plus vaniteux des hommes. Quelle coïncidence ! Dans cette situation, l'avantage profite à la fiction.

Le langage fondé sur la messagerie instantanée est l'une des illustrations les plus exemplaires, où la réalité se dissipe dans la fiction et la relation physique se dissout dans les millions de déclarations superficielles, sinon artificielles. On ne manquera pas de demander, avant même de connaitre la personne, les photos. Mais à quelle condition ? C'est pour une raison évidente, celle qui consiste a demander des photos, que quand on est sur d'être admiré, puisque, on n'hésite pas à faire étalage de sa vie privé, en montrant les photos les plus glamours, choisis soigneusement, que même les plus humbles et les ardents défenseurs de la religion et de la morale, cèdent aussi aux caprices d'internet, au seul mépris des personnes ne voulant pas jouer dans la cour virtuelle. Les personnes refusant de montrer les images, sont aussitôt accusés de ne pas être beaux, car cela fera fuir les femmes les plus religieuses, et celles qui veulent cumuler admiration et religiosité.

Un exemple tiré d'une expérience réelle, où on a demandé à un homme s'il a déjà communiqué sur le web pour rencontre sérieuse. L'homme a admis qu'il a déjà fait connaissance avec une femme. Rien d'anormal au début, jusqu'à ce qu'elle demande des photos à l'homme, alors il consent à sa demande, et la femme fait de même, en envoyant à son tour ses photos. L'homme n'a découvert les images que deux jours plus tard, avec déjà deux mails. Le dernier mail est révélateur de la faiblesse de l'esprit humain. Elle se voyait déjà en position de faiblesse, car elle a supposé que l'homme ne la trouvait pas belle, et elle ne manquait pas de le rappeler dans son dernier mail, en lui suggérant de le lui dire, si elle ne correspondait pas à ses critères. En revanche, l'innocent homme n'avait, en réalité, pas encore lu les mails. Ce qui rendait la situation délicate, et qu'à tout moment, le moindre décalage de temps et le moindre péril, peut engendrer des signes d'angoisse.

Tout cela pour admettre, que nonobstant ces aléas, le web reste un des moyens les plus utilisés pour trouver sa douce moitié, et que la morale et la sacralité s'effacent au profit de l'attirance physique. Au moins sur ce point, la toile se rapproche de l'empirisme.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 08:35

Modifié le mardi 16 septembre 2008 08:56

Une pause séance photos aprés s'être cultivé.

Une pause séance photos aprés s'être cultivé.
C'est le coeur du système financier Français, c'est le coeur de la Défence, on peut même croiser Paris Hilton.

# Posté le mercredi 01 octobre 2008 08:27

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 08:49

Les vacances qui passent trop vite

Les vacances qui passent trop vite
Je crois qu'après la crise des subprimes et la chute brutale de la bourse au niveau mondial, la place où j'ai pris ces photos, n'a plus d'importance.

# Posté le mercredi 01 octobre 2008 08:23

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 08:33